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La nuit – nouvelle #8

Publié par Charlie | Commentaires :0 | 23 août 2016

Le retour des petites nouvelles ce matin, maintenant que la nuit s’est enfuie. Bonne journée !

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On a tous quelque chose en nous de Tenessee

Je pense à cette chanson ce soir alors que je me couche trop tard. Trop tard comme d’habitude. Je me mets des bâtons dans les roues, je m’épuise. Je n’ai pourtant pas peur du noir. Il doit y avoir quelque chose d’autre. La volonté de prolonger la nuit…?

Une chose est sûre,  j’ai attrapé mon clavier pour écrire une phrase, elle est déjà effacée. Je me punis. Je m’efface. Je pense et j’oublie aussitôt.

Je me mets enfin au lit, au terme d’une bataille engloutissante contre moi-même. Va te coucher. Mais si, tu es fatiguée. L’impression de dialoguer avec un enfant de six ans. Moi.

Il est peut-être temps de paniquer. De s’affoler. Se prendre en main, on a essayé, mais laquelle, on n’a pas pu décider, on a laissé tomber, laissé faire. Je ne m’écoute pas.
Il y a de quoi se décourager.

On est combien là-dedans ? Combien de paires de bras croisés, de moues dédaigneuses ? Combien émettent des doutes, quand les autres critiquent… ou paniquent ?
La belle équipe.

 

Écrire permet de regarder ses pensées. Les voir, c’est presque comme les entendre. En cela, le papier, réel ou numérique – car sur mon écran j’écris sur une « feuille blanche » – est un psy bon marché ; encore faut-il jouer le jeu, se livrer, s’écouter… Comme sur un divan finalement. Car il y a aussi le lecteur. Et même si son avis ne compte guère, dans cette alchimie secrète de l’en-train-d’écrire, car il n’existe pas encore, ce lecteur, il y a un troisième terme. Une variable. Un détachement, un départ de soi. Écrire pour se transcender, se dépasser, s’affranchir de ses propres limites, de son identité. Pour un nouveau départ. Pour s’aimer. Enfin.

On aimerait bien.

 

J’écris toujours trop court pour m’arrêter avant la fin. J’ai peur de mourir. Je me souviens qu’avant – terme générique qui signifie « dans l’état précédent » sans indiquer réellement de date -, je pensais très sérieusement : « Je n’ai pas peur de mourir, mais de n’avoir pas dit à mes amours que je les aime. » Ma famille, mes amis. J’étais peu affectueuse, je me suis éduquée. Je me suis redressée. Et j’ai pris « mes amours » dans les bras. Coïncidence, je ne sais pas, mais aujourd’hui, vraiment, j’ai peur et je ne veux pas mourir.

Je crois que je n’ai pas le temps. Je suis pressée. Il faut faire beaucoup, et vite. Je m’emmêle les pinceaux. Je réfléchis trop. Je fais trois choses à la fois. Je mange au téléphone en regardant un film à la télévision. Je m’épuise. Je m’efface.

Pourtant, je ne trouve guère autre chose à montrer que moi. La beauté du monde est sous nos pieds à tous, et si je la capture parfois c’est bien plus pour mon plaisir personnel, l’illusion de possession que cela me procure, cette jouissance de prendre une pépite de lumière et de la ramener chez moi. Cela ne m’appartient pas. Je ne crois pas pouvoir l’offrir. Je n’ai que moi et je ne me suis jamais rencontrée.

C’est à prendre ou à laisser.

 

J’ai trop de portes qui se referment, de closures, de pouf, de tchac. On croit que ça va finir. Ça va finir. Ça finit toujours. Les caractères noirs m’envoûtent, ou est-ce le cliquetis des touches… ? J’ai moins mal et davantage sommeil.

Il était temps, j’allais dire une connerie.

Je ne sais pas si on peut dire qui je suis. 

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