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Un roman à ouvrir – Alizé Meurisse à coeur perdu.

Publié par Charlie | Commentaires :2 | 19 janvier 2014

Salut tout le monde,

Me voilà de retour, presque plus tôt que je ne l’aurais cru… C’est que, ce week end, j’ai fini le Roman à clefs d’Alizé Meurisse.

ça ne vous dit rien?

Ben moi non plus, ça ne me disait rien y a encore pas longtemps.

Alizé Meurisse est écrivain, mais aussi photographe et peintre. Pour la petite histoire, elle a illustré des albums de Pete(r) Doherty, photographié les Babyshambles, puis s’est occupée de Second Sex, qu’elle a également photographié, avant de réaliser le clip de la chanson « J’ai couché avec le diable ».
Côté romans, elle a commencé avec Pâle sang bleu (joli titre) (paru en 2007 chez Allia), et récidivé avec le Roman à clefs que je viens de lire (toujours chez Allia, début 2010).
Voilà sa bouille, de dos, de face, photographiée par Raphaël Lugassy (dont je vous conseille absolument le blog, au passage).

 

alize_face  alize_dos

Pour vous convaincre d’aller vite acheter son Roman à clefs, je vous en balance un extrait. Le passage qui m’a coupé le souffle, dans lequel je me suis reconnue comme jamais je ne me suis encore reconnue dans un bouquin… Même dans le mien ! C’est pas peu dire…

Extrait :

Je donnerais volontiers tout ce que j’ai par amour, mais, si donner par amour est un geste romantique, c’est malsain d’abandonner sa vie pour un sentiment unilatéral.
Il faut que je prenne soin de moi, et c’est cela aussi qui m’attriste. Je rêve d’une relation amoureuse qui ne soit pas un rapport de forces. J’aimerais avoir assez confiance pour baisser la garde complètement. Bien sûr c’est un idéal. La vie a ses hauts et ses bas. Je suppose que j’ai juste envie de me sentir protégée, de savoir au plus profond de mon cœur que je ne suis pas seule. On dit que l’amour et toutes ces conneries, c’est rien que du baume au cœur des misérables et des abandonnés. Mais l’amour, c’est pas réservé aux pauvres, les riches aussi y ont droit, ces bâtards ! Ils sont juste plus vernis que les autres. Je ne crois pas que l’amour soit une illusion, c’est une question de réciprocité. Un jour, on m’a demandé si je t’aimais, j’ai dit, je ne sais pas… S’il ne m’aime pas alors c’est moi qui fais fausse route. On ne peut pas vraiment aimer d’amour quelqu’un qui ne nous aime pas. « True love never dies… » Je crois qu’être libéré d’une illusion, aussi douloureux que cela puisse être, est un véritable soulagement. Quant à l’amour véritable, il peut survivre à tout. Je pense que l’art et l’amour sont les deux faces d’une même pièce, la foi. Là où il n’y a pas de foi, il n’y a pas de création possible. Je ne crois pas en Dieu, mais je pense que personne ne peut nier le pouvoir de la foi, et ce qui a un pouvoir d’action sur le monde existe bel et bien. La foi est la part de divin en l’homme. Le moment magique de la création me donne l’impression de pouvoir dépasser mes propres frontières. Je ne suis plus retenue par mes peurs ni par ma peau. Je me dissous. Je pense que l’on peut s’oublier dans l’art, mais c’est très difficile de trouver l’amour. La foi doit perpétuellement vaincre le doute, c’est ce que j’entends lorsque je dis que si l’on ne peut pas choisir de qui on tombe amoureux, l’amour reste un choix dans une certaine mesure… Simplement parce que ce n’est pas si immédiat (ce n’est pas donné, c’est un choix à faire et refaire constamment. Amoureux, on reste libre). L’immédiateté est réservé à l’engouement d’une amourette.

On se sent le dernier bastion du romantisme quand on aime et qu’on veut y croire. Il faut résister et se prouver à soi-même que l’amour est possible dans ce monde. On cherche partout des signes de réconfort, des traces d’un amour vrai possible, d’un amour qui a vécu. On cherche partout des raisons d’espérer, des vieux couples incassables et des jeunes qui se disputent un chewing-gum imaginaire; des gens qui parlent avec exaltation de la personne aimée. Des filles qui ne roucoulent plus et sacrifient leur petit cœur de rouge-gorge à un jeune premier, des jolis cœurs qui n’ont d’yeux que pour une demoiselle malgré l’effervescence des jupes alentour, des jeunes hommes qui aiment encore après l’ivresse des premiers mois de passion, qui aiment une personne et pas une poupée. On a envie de croire que ça existe, et l’on sait que les gens se trompent et se déchirent, que la frustration est le moteur du désir, que lorsqu’on possède, on aime plus, que les êtres de fuite sont les seuls après lesquels on soupire, qu’il n’y a de bonheur que le bonheur perdu.
La liberté absolue de l’homme va à l’encontre de l’amour… Non, elle en fait une quête… L’amour a de la valeur parce qu’il est une folie, une religion. Un rêve de fumeur de pipe en charentaises.

Merci Alizé de réussir à dire très précisément ce que j’ai pensé et ressassé. J’espère que vous avez particulièrement apprécié la fin de ce morceau choisi, qui à mon avis atteint une perfection rarement égalée. J’aime le mélange des styles qui donne un résultat très intime, qui fait entendre une voix intérieure dans tout ce qu’elle a d’universel et d’unique à la fois.

Je ne résiste pas à l’envie de vous en donner encore un petit bout. Je ne peux pas vous quitter avec l’idée que peut-être, cet extrait ne vous a pas suffit à vous rendre compte que ce livre-là, il faut l’avoir lu. Relu. Feuilleté. Dévoré. Emporté. Offert.
Le dernier chapitre est beau à en pleurer.

Mais comme je meurs d’envie d’offrir ce joli petit livre, qui parle d’amour, et d’amour, et de la vie tout court, à mes amies, à mes sœurs (okay, ça sera pas vraiment une surprise mais bon! je vous promets, les sœurs, c’est un joli cadeau), et maintenant que j’y pense peut-être même à mon frangin (mais lui me lit pas, donc pas de soucis!), bref, pour toutes raisons que j’aime d’amour, je ne vous mets qu’un tout petit petit bout en plus. Il clôt joliment ce que je vous ai déjà donné pour vous régaler, et puis c’est beau… c’est beau !

Extrait :

Je t’abandonnerais toutes mes envies et, si tu es inquiet, je te donnerais mes sangs et mes ongles à ronger.
Je n’ai d’yeux que pour toi. Je te les offrirai dans un petit coffret comme des boules chinoises.
Ferme les yeux ce marron me défonce.
L’amour est par-delà la liberté et la discontinuité du temps.

 

Alizé, wahou.

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