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Gotlib est mort, vive Gotlib !

Publié par Charlie | Commentaires :1 | 5 décembre 2016

Aujourd’hui, c’est lundi. Bonsoir mes canaris.

Hier, c’était dimanche, et Gotlib est mort.

Alors, aujourd’hui, j’ai besoin d’écrire ici, d’écrire à Marcel qui ne lira plus ses mails, et à vous, parce qu’après tout la chance ça se partage.

On se disait ça avec mon ami Yan, tout à l’heure : on a apprit à rire avec Gotlib, Gai Luron et Super Dupont. On se disait ça en mangeant nos macarons Ladurée sous un ciel bleu aux nuages peints avec soin. J’ai l’impression que nous étions évidemment des enfants et que tout le monde a fait semblant de ne pas voir que nous faisions semblant d’être des grands.

gotlibIl fût un temps où je recevais régulièrement des mails de Marcel. J’avais eu la chance inouïe de le rencontrer, puis de lui proposer de participer à un projet de livre à un moment où il avait besoin de faire des travaux sur sa toiture, grâce à quoi il avait besoin de sous et avait accepté le projet. Alors on s’écrivait, et puis j’allais déjeuner avec lui, prendre le café avec sa femme… Il m’écrivait parfois : “Re-bonjour re-petite re-Charlotte” et puis il trouvait toujours une raison de s’excuser des tours que lui jouait la technologie. Il y avait chez lui une tendresse immense, une façon de vous accueillir à coeur ouvert, avec dans le regard une curiosité d’enfant. Il ne savait pas pourquoi les jeunes auteurs de BD lui envoyaient leur première publication… Et quand je lui ai offert la mienne, de BD, il n’a pas compris que j’étais un peu comme les autres, et quand je lui disais : « mais c’est parce que tu es le Dieu de la BD française ! » il rigolait, il n’y croyait pas une seule seconde.

Mon coeur s’est brisé hier quand la radio a annoncé la mort du père de Gai Luron le matin même. Un cri sourd m’a échappé.

Je sens depuis que mon chagrin est caché derrière un épais et lourd rideau qui ne s’ouvre ni ne se soulève : ne laisse plus rien s’échapper. Mais ça bouge derrière le rideau qui, élastique, bouge aussi et enveloppe la bête. Ça part du ventre et ça monte jusqu’au visage, jusqu’aux yeux qui se remplissent et débordent, et puis ça redescend, ça tombe dans les chaussettes et ça reste un peu sur la gorge, ça serre.

Ça me rappelle quand j’ai perdu mon grand-père préféré, il y a longtemps, il y a dix ans.
Je voudrais rembobiner, revenir et manger des nems trop gras avec Albert et Marcel. Vous me manquez trop.

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