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Joëlle et Robinson : genèse d’un spectacle

Publié par Charlie | Commentaires :1 | 15 juin 2016

Il y a bien longtemps que je n’ai rien écrit ici, et je reçois de plus en plus de messages me demandant si le blog est décédé pour de bon ou non. La réponse est donc non, ouf, nous voilà sauvés (merci !). Je reprends les rênes de l’écriture avec une légère timidité, c’est pourquoi je démarre comme si de rien n’était avec un portrait.

Robison crusoe histoire de mon pere joelle luth

Joëlle et son PiouPiou O’Plumes

Joëlle est une femme elfe, un oiseau, une fée… Je l’ai rencontrée pour la première fois il y a environ 5 ans, au hasard d’un projet photo lancé par un de mes chers amis. Quelque chose m’a touché en elle, cette alliance surprenante de fragilité et d’énergie, de délicatesse et de puissance ? Sans doute. Toujours est-il que, alors qu’on se connaît assez peu, alors qu’on ne se voit plus pendant 3 ans, on se retrouve en décembre avec spontanéité et joie. Elle me parle alors de ce projet avec animation, son entrain et communicatif et je meurs déjà d’envie de voir ce spectacle se dérouler sous mes yeux ! Il y a 15 jours, je repasse à Paris pour une vente de bijoux à la Villette, on boit un café, on papote voyage, littérature, projets… Et voici ce qu’elle me raconte sur son spectacle.

Affiche-petite-robinson

Pourquoi Robinson ? 

La première chose qui me vient, ce sont ces mots que l’on se dit à chaque ras-le-bol de la ville : partir sur une île déserte. Et puis je pense à Robinson, et à l’angoisse de la solitude.

L’histoire de Robinson Crusoé est l’une des premières que j’ai lue et aimée, à travers Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier. C’est une aventure qui soulève de nombreuses questions sur l’être humain, la société et la nature. Le monde tel qu’il est, et tel que l’homme le conçoit. C’est sur cette distinction que se sont posées mes pensées. Sur ce décalage qui existe entre ce qui est, et ce que l’on perçoit et que l’on parvient à exprimer. Et donc, sur ce décalage qui fait que chacun est unique dans sa manière de voir le monde. Qui suis-je ? Quel est mon rapport au monde ? Qui es-tu ? Qu’y a-t-il dans ta tête à toi ?

Le bien-être et le savoir vivre. Comment aborder ces questions avec des enfants ? Parce que oui, je tenais à raconter cette histoire aux enfants et à leurs parents. C’est important d’échanger avec les enfants.

Robinson, seul sur l’île, reconstruit la société perdue, reconstruit un monde disparu, invente un royaume pour ne pas devenir une bête sauvage. Son besoin inassouvi de communication, d’échange, de vie, de partage, est ce qui le brise le plus. Tendre vers une réalité connue le rassure. Mais c’est pourtant, finalement, son lien intime avec la nature et avec son instinct qui l’aideront à survivre.

boussole

La solitude – le besoin de société. Des notions contradictoires mais qui vont de paire…

Et puis, il y a l’arrivée de l’enfant sauvage. Sauvages qui, à l’époque, n’étaient pas considérés comme êtres humains. Pourtant, « dotés d’intelligence », remarque un jour Robinson. Mais laquelle ? Quel est cet Autre, cet étranger et quel est son univers qui m’échappe ?

Parce que, dans ma vie intime, il y a Augustin. Un enfant qui a « un petit clown dans la tête » comme dirait sa cousine. Il parle un langage bien à lui et, surtout, il perçoit le monde autrement. Tout cela m’a amené à m’interroger sur la norme et la différence, sur ce qui fait que parfois, on ne se comprend pas.

C’est dans la relation entre un père et son fils que s’ancre notre Robinson. Ce spectacle sera un parcours initiatique. Mais cette fois-ci, ce sera le parcours initiatique d’un père, vu par les yeux d’un enfant. Ancrée dans une réalité contemporaine, nos héros vont embarquer les spectateurs dans leurs rêves, leurs peurs et leurs folles aventures.

robinson Rassure-moi, tu n’es pas toute seule dans cette aventure ? 

Ce spectacle, il s’est écrit à quatre mains. Il s’est inspiré du monde autour et surtout, des enfants. Notre collaboration, entre moi, comédienne, et Sarah, metteure en scène, c’est tout d’abord l’envie de créer ensemble.

Quand l’idée de Robinson m’est venue, je savais que ce spectacle, c’est avec Sarah qu’il serait magique. Chacune moteur de l’autre, c’est autour de cafés et dans des discussions artistiques, humaines, psychanalytiques et littéraires que s’est écrit notre Robinson. Dans le salon ou sur des terrasses jusqu’en Avignon, nous avons écrit « la véritable histoire de mon père », amusement à la clef : ce texte s’adresse à un public jeune et se doit d’être ludique. La dramaturgie du texte s’est construite autour des situations comiques et tendres que l’on pouvait observer dans le roman et dans notre histoire.


robinson-3

Vous en êtes où, aujourd’hui ?

Maintenant, notre création pousse à la vitesse du haricot magique et l’équipe est au complet : metteure en scène ; comédiens, assistante, scénographe, chargée de production, vidéastes, musicien, techniciens… nous sommes nombreux à travailler à la création. Nous voulons un théâtre qui se joue du théâtre lui-même et explore chacune de ses possibilités, techniques et artistiques.

Nous avons également la programmation prévue dans un théâtre, le Théâtre La Boussole, à Paris ; il ne manque plus que d’y être. Dans cet instant présent de la représentation à partager avec les spectateurs. Parce que sans spectateurs, comment te dire…le spectacle n’est plus. Ou n’a pas lieu.

Et nous, on peut participer à cette aventure, avant de venir applaudir ?

Notre travail est un travail collectif, son but est de réunir. La culture et ses conditions actuelles sont dures et il faut se battre tous les jours. Faire une collecte, demander des sous, est une démarche qui n’est pas simple. Mais lorsque l’on sait pourquoi on le fait, et quand on sait que ces raisons ont un objectif noble, on n’hésite pas, on le fait.

Apporter son soutien à un spectacle, c’est soutenir la culture, l’échange et la transmission, et surtout, en faire partie. Nous invitons les spectateurs dans l’intimité de la création, avec leurs enfants. Le but est de découvrir le monde du spectacle et surtout, de partager le plaisir d’échanger, et l’envie de créer pour cela.

J’espère que cette rencontre vous a plût, intéressé, interpelé… N’hésitez pas à réagir dans les commentaires, si vous avez des questions, Joëlle et moi nous ferons un plaisir de vous répondre !

Retrouvez la collecte de soutien à Robinson Crusoé : la véritable histoire de mon père ici.

Je souhaite et prédis un immense succès à ce beau spectacle !

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